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21.08.2009
Processus créatif : deuxième étape
Samedi dernier, nous nous étions arrêtées à la liste de courses, ou du moins, aux fournitures diverses dont j'avais besoin pour l'élaboration de ma fameuse robe blanche. Comme je vous l'ai dit, toutes les boutiques où j'avais l'intention d'aller étaient fermées pour les vacances et j'ai du me rabattre sur les merceries du Marché Saint Pierre et de Tissus Reine pour trouver mes petites emplettes (cela dit, je vous déconseille vivement ces merceries, vous comprendrez pourquoi d'ici quelques jours). Cela étant fait, j'ai pu commencer la réalisation pure et dure du modèle en question.
Certaines me diront certainement qu'il est plus logique de faire l'inverse, réaliser le vêtement et acheter les fournitures nécessaires ensuite, c'est qui est vrai, d'ailleurs, mais pour prévenir ce genre de questions, et en ce qui concerne cette robe, j'ai préféré travailler dans le sens opposé car pour être honnête, je savais déjà les quantités de galons et autres dont j'avais besoin, et il était inutile de patienter plus longtemps.
Revenons donc à nos moutons, le moulage du modèle ! C'est selon moi la partie la plus intéressante puisque c'est à ce moment là que le vêtement commence réellement à prendre forme sur le mannequin. Il existe également un autre procédé, qu'on appelle coupe à plat généralement, et qui consiste à trouver les volumes du vêtement directement sur papier. C'est difficile à expliquer comme ça, sans photo, mais si j'ai l'occasion de faire d'autres créations avec cette méthode, je vous expliquerais ça plus en détails. Surtout que c'est celle que je favorise généralement pour me faire des vêtements !
Le moulage quant à lui, est plus rapide selon le modèle à réaliser et pour cette robe, j'ai préféré procéder ainsi puisque je ne vais pas vous le cacher, j'ai copié la forme et les détails à une robe qui vient juste de faire son apparition dans mon dressing. Le travail était donc mâché car il me suffisait de placer quelques lignes repères sur mon mannequin et de bien tout mesurer pour arriver au même résultat.
En général, c'est nettement moins facile et beaucoup plus long, notamment pour un vêtement qui comporte pleins de découpes et de détails divers et variés. Mais j'avais peu de temps cette fois-ci et la forme me plaisait vraiment, alors je n'ai pas cherché plus loin. En même temps, rassurez-vous, si j'en ai la possibilité, d'autres modèles devraient êtres réalisés dans les prochains mois et ceux-ci sortiront tout droit de mon imagination, même si bien évidemment, une source d'inspiration est toujours nécessaire.
Alors mouler, proprement dit, ça consiste en quoi réellement ? Eh bien avant de mouler, il faut avant tout faire un petit travail préparatoire et prenant bien soin de lire attentivement le dessin du styliste. Car avant tout travail de moulage, il faut poser différents bolducs sur le mannequin, en plus de ceux permanents et que je n'enlève jamais (sur un de mes mannequins, je les ai carrément cousu, c'est pour dire ! ). Bref, faisons simple (ça devient compliqué mon récit là, non ? Faudrait pas que je vous perde en cours de route !), un bolduc, c'est un ruban placé sur un buste mannequin et qui indique un repère du corps humain, tel que la ligne de taille, de hanches, de poitrine, de carrure, etc. Ceux permanents, ce sont ceux-là, entre autre, et lorsque je moule, ceux que j'ajoute correspondent surtout aux différentes découpes du modèle. Ici donc, j'ai posé les bolducs suivants : la découpe sous la poitrine, la fin de la découpe poitrine qui correspond à la partie bustier du modèle, le bolduc de décolleté au devant, la bande avec le noeud au dos, ainsi que la découpe dos nu. C'est pas très clair, j'en conviens, et j'aurais du vous prendre des photos. Je réajusterais tout ça pour mon prochain article, promis !
Une fois les bolducs posé, le plus dur est fait puisqu'il s'agit après de prendre des morceaux de toile préalablement coupés au dimensions désirées et de les épingler sur le mannequin d'une certaine façon, afin d'arriver au résultat le plus proche possible du dessin. Au début, ça paraît complexe, mais en réalité, c'est assez simple. Une fois cette grande étape achevée, place aux rectifications (traçage des lignes de découpes avec un joli arrondi, vérifications des longueurs des morceaux, histoire de voir si tout s'assemble, etc.) puis à la coupe d'une première toile afin de faire un véritable essayage.
La toile coupée et montée, vous arrivez à ceci :
Grâce à ça, vous allez pouvoir essayer la robe sur votre buste mannequin ou même directement sur la personne pour rectifier une nouvelle fois, si besoin, les derniers détails, et vérifier si des retouches à divers endroits sont nécessaires ou non. Bien évidemment, lorsque je réalise un modèle pour moi, ma mère n'est jamais bien loin car ce n'est pas évident de voir si tout se passe comme prévu pour le dos du modèle surtout. Cette fois ci, pas besoin de retouches, tout tombe parfaitement comme je l'avais souhaité, seule une modification est apparue au dos, le décolleté a été enlevé. Avec ce modèle de robe au devant, le décolleté n'était pas le bienvenu au dos, contrairement à ce que j'avais pensé en départ. J'ai donc préféré l'enlever histoire de ne pas "dénaturer" la robe, ce qui ne m'empêchera pas de le placer à nouveau sur un prochain modèle ! C'est d'ailleurs au moment du moulage qu'on décide des modifications à apporter au dessin lorsque certaines choses ne sont tout simplement pas possibles ou pas esthétiques, comme c'était le cas ici. Un bon moulage est donc essentiel pour éviter de perdre du temps ensuite. A cette étape, j'en profite souvent également pour tester une partie des galons, rubans et autres qui orneront la robe finie, ce qui donne cela :
Lorsque vous arrivez à la fin de l'essayage et que comme pour moi, il n'y a rien à revoir sur le modèle, vous pouvez passer à l'ultime étape, la coupe du tissu et de la doublure, puis le montage. Mais une nouvelle fois, il va falloir vous montrer patient, la suite est prévue pour plus tard !
Juste une petite chose, Elizabeth m'avait demandé précédemment dans les commentaires la fameuse différence entre les dessins à plats et le croquis que je vous avais publié pour vous représenter ma robe. Et bien je pense qu'avec ceci, tout est plus clair, non ?
Les vêtements donnent davantage l'impression d'être posé à plat, je me trompe ? :)

15:55 Publié dans ❤ Doigts de fée et autres merveilles ❤ | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note






Commentaires
Vivement le prochain article! bisous
Ah et pour répondre à ta question oui on voit bien la différence, entre posé à plat et le croquis.
Écrit par : mathilde | 21.08.2009
Répondre à ce commentaireDonc pour les bolducs, tout devrait devenir limpide dans ton esprit d'ici peu, car je prévois également d'illustrer ça avec quelques photos ! :)
Merci pour les compliments au sujet de la robe, ça me fait vraiment plaisir. J'ai hâte de vous la montrer finie !
Bon week-end, bizoux
Écrit par : Fifi | 22.08.2009
Écrit par : July | 21.08.2009
Répondre à ce commentaireEt la robe est encore plus belle finie, j'ai hâte de la porter prochainement ! :)
Biz'
Écrit par : Fifi | 22.08.2009
Et j'ai une autre question aussi (chacune son tour ;-)), tu utilises le même type de mannequin pour tous les gabarits? Comment tu peux faire la différence entre une personne plus corpulente ou plus petite par exemple?
Écrit par : Mlleeli | 21.08.2009
Répondre à ce commentairePour te répondre, non, sur la première photo, c'est le ruban plissé noir qui est épinglé pour voir ce que ça donne, juste comme ça, pour un essai (idem avec le gros nœud au dos) ! :) La robe est belle et bien cousue, sinon pour l'essayage, ça serait un véritable casse-tête !
Pour ce qui est des tailles de vêtements, ça dépend du travail demandé : pour la couture ou le sur-mesure, je travaille sur mon mannequin (T.38) que je rembourre à la morphologie de la cliente. Je peux ainsi donner plus de poitrine, de tour de taille ou de hanches tout en respectant les mesures données. Bien évidemment, si la personne fait du 34 ou du 36, je travaille de la même manière sur un mannequin de base mais plus fin.
En prêt à porter et "travail à la chaîne", on travaille d'une autre façon en réalisant ce qu'on appelle la gradation. Cela consiste à refaire tous les patronnages dans toutes les tailles disponibles sur le marché. On se base toujours sur la taille 38 (qui est celle de référence dans le milieu) et avec un savant mélange de calculs et de tracés, on reproduit le même patron en 40, 42, etc. ainsi qu'en 36 et 34. C'est une méthode assez complexe, que je ne maîtrise pas (je n'ai pas eu le temps de l'apprendre, et c'est un vrai handicap) mais heureusement, les grandes entreprises disposent d'un procédé encore plus rapide, çad qu'ils font la même chose directement sur ordi. Ils rentrent deux trois données, et hop, ça se fait "comme par magie". Mais c'est un énorme investissement et une formation coûte dans les 3000€, je crois.
D'autres questions ? :)
Écrit par : Fifi | 22.08.2009
Écrit par : Linda | 22.08.2009
Répondre à ce commentaireQuant à Project Runway, ça m'intrigue, faudrait que je regarde si ça passe en France.
Bizoux
Écrit par : Fifi | 22.08.2009
Écrit par : Linda | 22.08.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Fifi | 23.08.2009
Écrit par : Eré | 25.08.2009
Répondre à ce commentaireBizoux
Écrit par : Fifi | 27.08.2009
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