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19.04.2010
Vingt-quatre heures de la vie d'une femme
A force d'engloutir les pages jour après jour pour mon challenge ABC, je me rends compte que les résumés et les avis concernant mes lectures tardent et que je commence à prendre un sérieux retard. Pas moins de cinq livres sont dans l'attente d'être critiqués, alors ne vous étonnez pas si les notes "lecture" pleuvent dans les prochains jours.
Pour aujourd'hui, faisons place à Stefan Zweig.
Vingt-quatre heures de la vie d'une femme est le second roman de l'écrivain autrichien que je lis, et malheureusement pour lui, il n'aura pas réussi à détrôner la Lettre d'une inconnue que j'avais dévoré quelques mois plus tôt et dont la lecture m'avait donné envie de poursuivre la découverte de Zweig.
Encore une fois, il s'agit de la passion d'une femme pour un homme qu'elle ne connaît pas, ou si peu. Mais les deux histoires sont complètement différentes : si dans la Lettre d'une inconnue, l'héroïne principale épouvre un amour fou et dévastateur pour l'homme dont elle a eu un enfant, dans Vingt-quatre heures de la vie d'une femme, le thème principal est davantage la passion amoureuse refoulée.
Ce double récit débute en 1904 dans une petite pension de la Riviera où séjournent quelques personnes bien nées. Le narrateur évoque dans quelles circonstances Madame Henriette, l'une des clientes, s'est enfuie avec un jeune homme qui n'avait pourtant passé là qu'une journée. Tout juste la jeune femme a-t-elle laissé une lettre à son mari pour expliquer son acte. Un scandale éclate dans la pension. Chaque pensionnaire y va de son propos acerbe pour critiquer l'attitude inqualifiable d'Henriette. Il n'y a guère que le narrateur pour tenter de comprendre le comportement de cette "créature sans moralité ". Il y a aussi Mrs C., une vielle dame anglaise, qui pose beaucoup de questions au narrateur. Mrs C. se décide alors de lui confier quels feux mal éteints cette aventure a ranimés chez elle.
Mrs C. avait alors quarante deux ans et avait perdu son mari deux ans auparavant. Elle décide de se rendre à Monte Carlo et fréquente alors les casinos. Elle aime à examiner les mains des joueurs. Ces gestes qu'elle observe lui permettent de comprendre leur personnalité sans même avoir à regarder leur visage.
Un jour, elle est fascinée par des mains magnifiques. Elle ne peut résister. Elle regarde alors ce joueur et découvre un beau jeune homme d'environ vingt quatre ans. Il semble totalement anéanti car il vient de perdre tout son argent. Mrs C. l'imagine songeant au suicide. Elle décide alors de l'aider. Elle se prend d'affection pour ce jeune homme dévoré par la passion du jeu et voué à l'autodestruction. Pour la première fois depuis la mort de son mari, elle éprouve à nouveau des sentiments. Cet épisode de sa vie ne dure que vingt quatre heures. Et si cette passion foudroyante n'eut pas l'issue heureuse qu'espérait Mrs C...., elle n'en demeure pas moins un moment décisif de son existence...
A nouveau, Stefan Zweig maîtrise avec beaucoup de justesse la psychologie de ses personnages. A travers ses descriptions, il parvient à nous faire ressentir les pensées, les sentiments, les passions, les doutes, les troubles, les confusions des êtres qu'il anime, et ce toujours avec une très grande intensité. On se sent comme hapé par le récit, si bien qu'en plus de visualiser parfaitement les scènes, on a tout simplement le sentiment de les vivre également. Chaque mot de Mrs. C. nous permet de comprendre avec aisance à quel point il est facile d'oublier ses principes et comment en l'espace de 24 heures seulement, la vie d'une femme peut changer du tout au tout.
Les 120 pages filent sous les doigts, mais le récit d'en demeure pas moins riche en émotions et en réflexions, et c'est pourquoi je vous le recommande vivement.
Par question de goût, je préfère largement la Lettre d'une inconnue, parce que je m'y retrouve vraiment, mais Vingt quatre de la vie d'une femme est tout de même un excellent roman et je suis convaincue qu'il vous parlera peut-être davantage. Pour celles (et ceux) qui auraient lu les deux, quel est votre avis justement ? Quel est votre préférence ?
Quoiqu'il en soit, l'aventure "Zweig" ne s'arrêtera pas là pour moi, car une fois le challenge bien entamé, j'ai l'intention de lire Le Joueur d'Echecs dont je vous reparlerais en temps voulu.

08:37 Publié dans ❤ Mes lectures du moment ❤ | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note








Commentaires
Bonne lecture !
Gros bisous !
Écrit par : Princesse Audrey | 19.04.2010
Répondre à ce commentaireMerci mille fois de m'avoir fait découvrir Stefan Zweig d'ailleurs, car il existe tellement d'auteurs que sans conseils et recommandations, je ne me serais peut-être pas précipitée vers ses romans aussi vite.
J'ai pris le temps de t'écrire un petit mail, j'espère que tu l'as bien reçu.
De très gros bizoux !
Écrit par : Fifi | 21.04.2010
Écrit par : flo | 20.04.2010
Répondre à ce commentaireEn tout cas, commence par la Lettre d'une Inconnue, si j'ai réussi à te convaincre, car il se lit vraiment très rapidement, et si vraiment tu n'aimais pas, tu n'auras ainsi pas perdu beaucoup de temps.
Écrit par : Fifi | 21.04.2010
Écrit par : Cécile | 21.04.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Fifi | 21.04.2010
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