26.05.2010
Encore un et je mords
Mes fidèles lectrices (et lecteurs) ne sont pas sans savoir qu'il y a encore deux mois, je travaillais sur les Champs, à deux pas de l'Arc de Triomphe, dans une boîte que je voulais quitter au plus vite, tant je ressentais le besoin d'être entourée de vrais pros. Ceux-là même savent également qu'une fois le défilé tant attendu passé, j'ai été congédiée pour, je cite, "travail pas la hauteur d'une maison de Haute Couture", alors qu'étrangement, ça faisait quand même un an que je faisais partie de l'équipe et et que j'étais félicitée pour la qualité de mon travail.
Enfin bref, passons....
Le 6 avril dernier, j'effectuais donc mon dernier jour, soulagée que j'étais de quitter une équipe décomposée et démotivée par l'ambiance détestable qui régnait depuis près d'un mois déjà. En bonne naïve que je suis, je pensais repartir ce jour là avec mon solde de tout compte et la paperasse qui l'accompagnait. Mais c'était sans compter sur "super-boss" qui m'appris ce jour-là que solde de tout compte il n'y aurait pas, car arrêt maladie il ne reçu pas. Je vous passe les détails concernant le renvoie du dit arrêt de travail dans les délais les plus courts possibles (alors que bon, le premier envoi avait été fait en temps et en heure) et des appels incéssants que j'ai effectué pendant facilement une quinzaine de jours pour savoir s'il avait été bien réceptionné et transmis à la comptable.
Fin avril, j'étais persuadée que ce n'était plus qu'une question de jours pour qu'ils m'appellent en me disant que mon solde était désormais prêt et que je pouvais passer le chercher au bureau. Sauf que fin avril, nous en étions passés à un nouveau stade, celui du : je connais ton numéro alors je décroche pas quand tu m'appelles. Assez proche en fait de celui du : je me fais passer pour absent alors qu'en réalité, je suis juste dans le bureau à côté en train d'écrire des conneries sur Facebook. Imaginez un peu ! J'ai été obligée de les appeler avec un autre numéro pour arriver à les joindre. Et encore, non sans mal ! Et pour m'entendre dire, en plus, que oui oui, les papiers étaient en cours (heureusement, quasiment trois semaines après) et que c'était pour très bientôt.
Ouais, très bientôt mes f***** oui ! J'ai tellement attendu en vain que le 23, je me décide à envoyer une première lettre en recommandé, mentionnant les prud'hommes, histoire (croyais-je) de les faire réagir rapidement. L'accusé me revient plus de 10 jours après ! C'est quinze jours maxi pour aller chercher ce type de courrier, juste pour info. Pas de nouvelles pendant encore une grosse semaine jusqu'au jour où paff, je reçois un texto (les lâches) me disant que mon solde sera prêt ce jour là (ne devait-il pas l'être depuis le 6 avril, en réalité ?). Pas un mot de plus, pas un "je vous contacte rapidement pour prendre rendez vous", rien, que dale ! Forcément, bonne poire, je tente d'appeler, savoir quand, la semaine suivante, je pourrais ENFIN passer au showroom. Mes appels restent vains, encore et encore, et une semaine encore après (à croire qu'ils ne sont joignables que le jeudi, entre 0h00 et 1h00), j'obtiens finalement de la part d'une de mes anciennes collègues qu'un de mes patrons me recontacte au plus vite. Le soir même, je reçois justement un mail (notez qu'ils ont toujours peur de moi, hein, alors que bon, quand même, je pèse pas lourd face à eux) indiquant que je devrais en savoir plus la semaine suivante. Une semaine, encore une, après toutes celles qui viennent de s'écouler, après tout, je n'en suis pas à une près, non ?
Sauf que le week-end aidant, les soux baissant sur mon compte aussi (ben quoi, pas de paye depuis février alors qu'on est début mai, ça commence à faire), le lundi matin, c'est d'un pas décidé que je me rends aux prud'hommes. On est le 10 mai, ça fait donc déjà plus d'un mois que ma situation aurait du être régularisée. Ce jour là, j'en apprends des belles (notamment que mes patrons n'auraient jamais du me proposer un CDD puisque j'avais travaillé au black pendant trois mois juste avant), je passe le double de temps par rapport aux autres personnes dans le bureau du conseiller prud'homal. Je suis remontée à bloc, plus rien ni personne ne m'arrêtera et je suis bien décidée à leur faire payer le prix (même si bon, c'est davantage techniquement parlant à l'heure actuelle parce que les dommages et intérêts, en référé, ça marche pas).
Dans la foulée, je file donc déposer les papiers au tribunal, où, grande joie, j'apprends qu'un mois plus tard, je passerais en référé (moi qui m'attendais à au moins six semaines de délais, j'en sauterais au plafond). Puis je me rends sur mon ancien lieu de travail, afin de retrouver des têtes connues pour leur demander de m'aider dans mes démarches (démarches que je vous expliquerais en temps voulu), et c'est là que je tombe sur mon ancien collègue bien aimé, le seul qui aurait pu me convaincre de rester encore un peu. C'est un homme formidable, adorable au possible, et à le voir dans le pétrin jusqu'au cou, j'ai de la peine pour lui. Car ce jour là, en plus d'apprendre que mes ex patrons sont des lâches et des menteurs, j'apprends qu'ils sont dans une situation fiancière dramatique : le défilé leur a couté une petite fortune, et les rentrées d'argent sont inexistantes ou presque. Si bien que ce monsieur là, le seul et unique salarié finalement, n'a touché qu'un peu plus de 2000€ depuis février. Je vous le redit, nous sommes le 10 mai !! A priori, d'après les calculs de mes ex patrons, il ne devrait d'ailleurs pas toucher l'intégralité des sommes qui lui sont dues avant juin (et encore, au train où vont les choses, je dirais plutôt septembre). Dire que je suis scandalisée est un faible mot, car cet homme, qui a plus de trente ans d'expérience dans son job, en est obligé de demander de l'argent à ses proches pour pouvoir manger ! Je sors de l'immeuble écoeurée par la race humaine, complètement scandalisée par les agissements de quelques personnes qui se croient tout permis et qui n'ont pas honte d'utiliser notre argent pour faire face à leurs galères.
Et depuis ? J'attends, et j'en découvre de plus belles au fur et à mesure des jours. J'attends, car depuis le 6 mai exactement, je n'ai pas eu un seul mot, un seul appel de mes anciens employeurs. Mes lettres recommandées restent sans réponses, et finissent par moisir dans les locaux de la Poste. Ils sont au courant qu'ils sont convoqués au tribunal le 9 juin, mais ça n'a pas l'air de les affecter plus que ça. Et moi, de mon côté, j'en bave : mon inscription au Pôle Emploi n'est pas validée, faute de l'attestation Assedic qu'on ne m'a pas remis lorsque j'ai quitté la société ; par conséquent, je ne suis pas indeminisée et ne touche donc aucun salaire, aucune indemnisation ; j'apprends également que mes dix jours d'arrêt maladie ne peuvent pas m'être indemnisés par la Sécu, la faute à la comptable de la société qui n'a pas fait son job. Et pire encore, j'apprends que les démarches pour le statut d'auto-entrepreneur, ben c'est pas pour tout de suite non plus.
Voilà pourquoi aujourd'hui, le sourire est loin d'être sur mon visage. Car moi qui pensait lancer les démarches à l'issu de mon rendez vous, j'ai appris dans l'après midi que faute de papiers et d'inscription validée, il valait mieux que j'attende d'être passée aux Prud'hommes, et surtout, que je reçoive ma première indemnisation du Pôle Emploi. Sans quoi, je risque de ne rien recevoir du tout, ce qui serait très énervant !
Alors forcément, quand je remonte en arrière, je ne peux que me sentir frustrée et furieuse envers mes anciens patrons, parce qu'à cause d'eux aujourd'hui, je suis coincée. Je n'ai pas de revenus, je n'ai pas la possibilité de me lancer de mon côté, je ne peux pas me payer de formation susceptible de me permettre de postuler à de nombreuses offres d'emplois, bref, je tourne en rond.
Ok, ça me laisse plus de temps pour peaufiner l'idée que je me fais de ma petite entreprise, de la boutique en ligne qui ira avec, du nom que je choisirais enfin, et surtout des modèles que je compte bien vous proposer un jour, mais croyez-moi, j'ai l'impression de ne pas voir le bout du tunnel. Et en plus, j'ai fais les calculs, et ce n'est pas bon signe : je passe en référé le 9 juin. Dans le meilleur des cas, la situation côté papiers et soux est réglée le 15 juin. Le Pôle Emploi met encore quinze autres jours pour m'indemniser pour la première fois. Nous sommes donc début juillet et je peux enfin lancer les démarches nécessaires. Quinze jours supplémentaires ne seront donc pas de trop pour recevoir les papiers officiels, si bien qu'en réalité, la boutique, au lieu d'ouvrir aux alentours du 7 juin, ouvrira davantage ses portes à la mi juillet, soit plus d'un mois après.
Découragée n'est pas le mot qui convient, mais j'ai l'impression qu'un mauvais sort m'est tombé dessus. Je sais que je finirais bientôt par connaître des jours meilleurs et qu'un nouvel avenir s'offrira à moi. Mais j'ai déjà été très patiente et voilà qu'on me dit qu'il faut que j'attende encore plus.
Du coup voilà, je voulais que ce soit clair pour vous, aussi bien ceux qui ne me lisent que sur mon blog que ceux qui - les courageux - me suivent également sur Twitter et Facebook. Parce que ma situation n'est malheureusement pas un cas isolé, j'espère également que si parmi vous, il y a des gens qui doutent de la fiabilité de leur contrat, de leur boss, n'importe quoi, surtout qu'ils n'hésitent pas à aller voir un conseiller prud'homal. Ils sont vraiment de bons conseils et sont là pour nous aider. Car croyez moi, j'étais persuadée de la sincérité de mes anciens employeurs lorsque j'ai signé mon contrat et aujourd'hui, je me rends compte qu'ils ont clairement abusé de moi et ma mince expérience. Ces tracas là, je m'en serais bien passée, mais au moins, ça m'aura ouvert les yeux et je crois bien que plus jamais on me dupera ainsi !
Je m'arrête là pour la note fleuve, je file de mon côté voir si une "boutique" sur Esty ou Dawanda est possible sans avoir le statut d'auto-entrepreneur, histoire peut-être de vous proposer mes créations dès le 7 juin, comme je le voulais dès le départ ! Je tire également mon chapeau à ceux qui sont arrivés jusqu'au bout, vous êtes des amours. ;)
23:17 Publié dans ❤ Spleen ❤ | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : auto-entrepreneur, prud'hommes, vilains patrons, pas de scrupules




