12.06.2010
J+3
Trois jours déjà depuis que je suis passée aux Prud'hommes pour régler mes nombreux soucis avec mes anciens employeurs. Trois jours que je cherche mes mots pour vous expliquer ce qu'il s'est passé cette journée là. Trois jours que je souffle enfin un peu et que la lumière au bout du tunnel se fait de plus en plus intense.
Pour les courageux qui m'ont suivi dans cette épopée, revenons donc une semaine en arrière, histoire de tout bien recadrer comme il faut.
Samedi, J-4 : La date fatidique approche à grands pas, mes ex patrons ne m'ont pas donné signe de vie depuis plus d'un mois, j'en viens donc à penser qu'ils ne seront absolument pas présents mercredi à l'audience. Ça me rassure un peu dans un sens, ils se sont tellement peu montrés concernés par toute cette affaire que j'aurais bien du mal à comprendre pourquoi ils se réveillent aujourd'hui.
Lundi, J-2 : Dans l'après midi, je constate qu'on a laissé un message sur le répondeur de mon portable. J'hésite à l'écouter, persuadée qu'encore une fois, c'est un mauvais numéro ou encore mieux, de la publicité pour discuter en tchat avec Christophe Maé et compagnie. Histoire de mettre fin à ces pseudo réflexions, j'écoute le dit message et là, première surprise : il m'est personnellement adressé. Deuxième surprise : il ne s'agit pas de n'importe qui, mais de l'avocate mandatée par mes ex patrons pour les représenter aux Prud'hommes. Elle veut en savoir plus, discuter avec moi d'un éventuel accord à l'amiable, essayer de trouver un arrangement qui pourraient nous convenir à tous.
Passé le coup de la surprise, je la rappelle, et elle me ressort le même discours que dans son message. Après tout, pourquoi pas réfléchir à une solution plus simple et plus rapide que les Prud'hommes. Ça ne m'engage à rien et puis, si ça ne me plaît pas, je ne me gênerais pas pour lui en toucher deux mots. J'examine donc son mail dans la soirée, bien décidée à aller jusqu'au bout quand même et à attendre mercredi pour donner ma réponse définitive.
Mercredi, jour J : J'arrive suffisamment tôt aux Prud'hommes, pour constater avec désolation que sur les quarante cinq affaires à comparaître dans l'après midi, évidemment, je suis la quarante cinquième. Tant pis, je prendrais mon mal en patience et ça me fera un peu d'entraînement pour mon propre cas.
Mon ex patron ne tarde cependant pas à arriver avec son avocate (heureusement charmante et qui cherche un peu à détendre l'atmosphère (ce qui est tout à son honneur)), qui aussitôt présentée repart de plus belle à l'assaut de la signature de son fameux accord à l'amiable qu'elle entend bien me faire accepter. J'hésite toujours : dans un sens, ça mettrait fin à cette journée particulièrement ennuyeuse plus rapidement (car vu la façon dont les choses se passaient, j'étais bien partie pour rester au tribunal jusqu'à 20h) mais dans un autre, est-ce finalement la meilleure décision à prendre ?
Après lecture approfondie du dit accord, il en résulte que je suis d'accord sur l'essentiel, à l'exception d'une close que j'entends bien faire reformuler ou tout simplement supprimer. Nous avons du temps devant nous, la première affaire vient juste d'être lancée, nous nous extirpons donc de la salle d'audience pour aller discuter de tout ça plus calmement.
J'en profite alors pour parler à l'avocate de ce fameux point qui me dérange tant et après un rapide échange avec mon ex boss, tous les deux comprennent vite que tant que ça n'aura pas été modifié, je ne signerais rien. Au bout du compte, on fini par trouver un arrangement qui nous convient à tous deux, et après une grosse demie heure de pourparler, l'affaire est close, tout est signé.
Difficile de vous en dire plus ici même, car en signant ce document, je m'engageais également à ne parler à quiconque de cet accord et de ses modalités. Sachez simplement que très prochainement, mon ex patron m'aura remboursé toutes les sommes qu'il me devait, et que, le plus important, je suis repartie mercredi avec tous les papiers dont j'avais besoin depuis des mois.
Les démarches pour le statut d'auto-entrepreneur devraient donc être lancées dans les tous prochains jours (à mon plus grand soulagement) et c'est la meilleure nouvelle qui pouvait tomber. Les problèmes qui m'avaient motivés à engager une procédure aux Prud'hommes sont sur le point d'être réglés, et si jamais nous n'arrivions pas totalement à nous mettre d'accord sur un dernier point, alors je pourrais à nouveau engager une seconde procédure. J'espère sincèrement ne pas être obligée d'en arriver là à nouveau, car j'ai beau en vouloir terriblement à mes ex employeurs de m'avoir clairement laissé dans une situation plus que critique et sans autre recours que les Prud'hommes, j'aimerais quand même en finir une bonne fois pour toute et tirer un trait sur toute cette affaire, afin de me concentrer sur ce qui me tient vraiment à coeur : ma petite boutique.
Je suis pourtant rancunière, mais je crois que mes ex patrons paient aujourd'hui le prix fort de leurs erreurs passées, et finalement, l'un dans l'autre, ça me paraît être une peine suffisante pour que je ne leur souhaite pas plus de mal. Peut-être ai-je tords, mais ceux qui sont passés par là avant savent que si on veut avancer, alors il faut savoir laisser le passé derrière soi.
Pour celles ou ceux qui pourraient avoir des questions, n'hésitez pas à me les envoyer par mail (je ferais tout pour répondre rapidement), je m'en occuperais sans problème. En revanche, pas de questions dans les commentaires, car je l'ai dit, je ne peux pas en parler davantage ici-même et cette note n'aurait jamais du voir le jour, si j'avais respecté ce que j'ai signé.
Également un grand merci à tous pour votre soutien durant ces deux derniers mois, heureusement que vous avez été là, car certains jours, j'avais vraiment envie de tout casser. Là je suis sereine, tout commence à rentrer dans l'ordre, je vais pouvoir souffler pour de bon et penser à autre chose.
Je vous tiens au courant pour la suite, je m'occupe du site très vite ! Excellent week-end.
18:58 Publié dans ❤ Les bêtises au quotidien ❤ | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : prud'hommes, référé




